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11 juillet 2015 6 11 /07 /juillet /2015 13:09
Entretien avec LEMBE MBAPPE, le Maire de la Commune de Mbanga : « la Mairie n’est pas une vache à lait où l’on peut traire à volonté »

C’est avec sérénité que le Maire de la Commune de Mbanga dans la Région du Littoral camerounais a reçu la presse dans son bureau de l’Hôtel de ville. Un vendredi de la semaine alors que beaucoup d’employés communaux préparaient déjà leur entame du week-end. Mbanga, peuplé de plus de 100 mille habitants, perpendiculaire à la Route Nationale N°05 est une ville commerciale et historique par où passe le chemin de fer reliant Buea dans le Sud-Ouest et qui a, selon le vœu de Sa Majesté MOUKETE NGOH Magelan, Roi des Balong, caresse une forte ambition de devenir un Chef-lieu de département.

Scores 2000 : Monsieur le Maire, vous avez de sérieux problèmes à Mbanga ?

LEMBE MBAPPE : Qui vous a dit que nous avons des problèmes à Mbanga. Vous-voulez inventer les problèmes à poser sur le dos de la ville Mbanga ou ce sont des allégations des détracteurs de notre Commune ? L’exécutif municipal de Mbanga fait ses preuves, tous les jours, avec confiance, dans le chemin librement tracé par le conseil municipal et approuvé par la tutelle.

Vous aurez coupé l’eau au Sous-préfet ?

Cela n’a jamais été le cas, Mbanga a un problème de tuyauterie, de canalisation défectueuse, vétuste. Le maire lui aussi en est une victime. Cependant nous cherchons des solutions en accord majuscule avec les autorités administratives qui justifient de tout l’appui financier nécessaire accordé par l’ensemble du Conseil Municipal.

Votre compte administratif a été voté, mais apparemment, vous hésité toujours ?

Un budget est une prévision, il faut faire des efforts pour l’atteinte de hautes performances. Le rapport de performance que nous avons présenté montre que nous allons de l’avant. Notre budget de 2014 est de 370 778 028 FCFA. Nos recettes de 2014 sont de l’ordre de 322 491 673 FCA ; soit un taux de recettes de 86,97% contre 67,68 en 2013. Il y a donc ainsi une nette progression. Si tout le monde avait mis la main à la patte, ces recettes seraient plus importantes. On attendait par exemple 5 500 000 FCFA comme contribution des patentes. Il n’a été recouvré que 1 050 538 FCFA, de même, la contribution des licences dont nous attendions un recouvrement important n’a donné que 2 629 509 FCFA. Dans la rubrique d’autres recettes fiscales, nous nous attendions à 124 019 798 FCFA et n’avons enregistré que 41 208 915 FCFA. Par ailleurs, avec tout ce qui pousse de terre comme construction à travers la ville, nous ne devions pas enregistrer que seulement 2 393 196 FCFA alors que nous attendions 5 000 000 FCFA. De même, la taxe de stationnement n’a donné que 885 200 FCFA alors que les prévisions étaient de 2 000 000 FCFA. Celle de la publicité 787 500 FCFA au lieu de 11 450 000 FCFA, ici on dirait que même les annonceurs sont portés disparus. Les tickets de quai n’ont pas rapporté grande chose, soit 825 000 FCFA sur 4 600 000 FCA attendus.

Une somme de 650 000 FCFA a été débloquée comme appui de la Commune pour les opérations de recouvrement fiscal forcé et la confection du fichier des contribuables (commission gérée par le Sous-préfet de Mbanga, Ndlr). Les résultats obtenus à l’issue de cette opération nous échappent et nous sommes dans l’impossibilité de les évaluer puisque nous n’en avons reçu aucun feedback.

Pour nous résumer, dans les recettes de 322 491 673 FCFA, la part de l’Etat est 192 496 158 à travers les BIP et autres transferts issus de la décentralisation. Les recettes propres de la Commune sont de 101 349 497 FCFA, soit 37,47% contre 93 369 285 en 2013, soit une augmentation de recettes propres de 8 000 000 FCFA.

Comment sont répertoriées vos dépenses ?

Les dépenses réalisées s’élèvent à 256 267 430 FCFA. Ce qui nous fait un excédent de recettes sur les dépenses d’un montant de 66 224 243 FCFA qui se justifie par des factures en attente de règlement. Il s’agit de la construction de 2 salles de classe à Komé, l’élaboration du plan sommaire d’urbanisme, l’excédent de 28 646 018 de 2013. Nous avons purgé et rechargé de pouzzolane plusieurs bourbiers de la ville. Des travaux son effectués sur les tronçons nationale 5-Commissariat-Tribunal, Nationale5-Ecole Publique Groupe I, Tribunal-Chefferie Supérieure, Gare Ferroviaire-Sancho-Ecole les Benjamins-Mme MILLAH-Carrefour Maracana, bretelle Ecole Unité-Carrefour Ekongolo-Ancienne décharge-Carrefour Essayons. Il y a par ailleurs eu deux séances d’enlèvement des ordures au marché B et à certains endroits de la ville transformés en dépotoir par les populations, l’entretien du cimetière municipal, une vaste opération d’arrestation et de mise en fourrière de animaux en divagation, la visite du Gouverneur de la Région du Littoral, l’inhumation des corps abandonnés, le stage de vacance pour 100 jeunes, 500 mille francs de soutien à nos forces de défenses et aux populations sinistrées de l’Extrême-Nord dans la lute contre BOKO HARAM, le paiement de quelques dettes en instances

Et vos projets d’envergure ?

La ville est de plus en plus propre, les pistes son réhabilités, le projet de la carrière de sable est bien suivi. Pour la construction du patrimoine foncier meuble et immeuble de la Commune, le dossier est sur la table du Préfet du Département du Moungo. S’agissant de la création de la carrière de sable au bord du fleuve Moungo, les études de faisabilité sont terminés et payées ; le dossier est déposé au FEICOM, mais attend d’être complété. Nous travaillons avec notre Secrétaire Général à la réhabilitation du réseau d’eau et de l’éclairage public, la construction d’un abattoir municipal et des forages d’eau en milieu rural. Nous avons respecté au maximum notre cahier de charges. Si le moyens avaient suivi, nous aurions ajouté autant d’imprévus possibles. Il n’y a que les gens de mauvaises foi et les myopes qui croient qu’on n’a rien fait. Ils utilisent parfois des « journalistes » qui ne sont pas allé à l’école pour écrire n’importe quoi. Voulant me mettre sous pression et céder à leurs caprices.

Vous avez ainsi l’impression de bien faire votre travail ?

On ne peut se juger soit même, mais il existe des repères de gestion imposées par le Conseil Municipal, la tutelle administrative et les pratiques de bonne gouvernance. Lorsque nous prenions cette Mairie en octobre 2013, c’était une Mairie à terre. Le tableau de bord affichait 394 000 FCFA dans la caisse ; un personnel en divagation ; 72 827 527 FCFA de dette à payer ; 2 mois d’arriérés de salaires ; pas l’ombre d’un crayon à bile pour écrire ; tout était à sec. Pas d’archives, pas de repères ; on était comme dans une Mairie en création. Aujourd’hui, l’usager qui arrive à la Commune de Mbanga peut trouver où s’assoir, il peut sentir que ses souches de pièce d’Etat civil sont en sécurité, que le travail est reparti par service, bref qu’il peut être face à un interlocuteur.

Le Maire LEMBE MBAPPE peut-il aujourd’hui affirmé qu’il a confondu ses détracteurs ? Qu’il a « fermé » la bouche aux critiques nuisibles à l’image de marque de son institution ?

Nous répondrons par l’affirmative. Pour sortir la tête de l’eau, il a fallu jouer au dur, éviter de faire des dépenses à la légère, ne céder à aucune pression, d’où quelle vienne ; fermer les oreilles et le cœur aux multiples sollicitations tant internes qu’externes. Ceci ne nous a pas valu que des émules ; au contraire, le nombre de nos détracteurs s’est multiplié d’une manière exponentielle. Nous avons cependant réussi à résorber les arriérés de salaire, environ 10 millions de masse salariale mensuelle ; la Mairie qui étouffait hier essaie de respirer un peu aujourd’hui.

Un mot de fin à l’endroit de vos populations, aux autorités administratives, traditionnelles et le tout Mbanga politique ?

Je voudrais simplement faire savoir aux uns et aux autres que la gestion de notre Commune est loin d’être un fleuve tranquille où le Maire fait ce qu’il veut avec l’argent des contribuables. Que la Mairie n’est pas une vache à lait où l’on peut traire à volonté, que les sorties de fonds de la Commune obéissent à certaines règles et qu’on ne gère pas l’argent selon les humeurs des gens ou des pressions, ou comme une épicerie.

Propos, recueillis par Sylvain Timamo - Contact Rédaction : +237 663 956 404

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Published by Sylvain Timamo
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  • Sylvain Timamo est journaliste camerounais et depuis quelques années,il est éditeur du journal Scores 2000. Propriétaire du Magazine International Culturel et Touristique "Le Chasseur".
  • Sylvain Timamo est journaliste camerounais et depuis quelques années,il est éditeur du journal Scores 2000. Propriétaire du Magazine International Culturel et Touristique "Le Chasseur".

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