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29 avril 2016 5 29 /04 /avril /2016 16:58
Elong Ngotty Zavier Raoul
Elong Ngotty Zavier Raoul

Doit-on fustiger le comportement anachronique d’une autorité traditionnelle ou alors un zèle surdimensionné de l’autorité administrative qui aurait un peu trop tiré sur la corde ?

Après des scandales du genre, affaire koumatekel de l’hôpital Laquintinie de Douala, des quintuplés de l’hôpital général de Yaoundé, du suicide du Super Marché de Douala ou encore du décès de la dame enceinte de Mbanga des suites de négligence médicale, le Moungo, et plus précisément, Ekambeng, une localité de l’arrondissement de Nkongsamba 1er, a été le théâtre d’un fait-événement rare : le sous-préfet de Baré-Bakem a été agressé, molesté et tabassé. Même son état-major pourtant présent au moment des faits a été désarmé. Ça alors ! Impossible n’est vraiment pas camerounais !

Mais, il faut dire que loin d’être seulement un défaut, l’ignorance est un vrai danger aux suites innombrables et lourdes. Lorsque dans les actes que des individus majeurs posent, ils oublient parfois que nous sommes dans un Etat, et un Etat de droit. Et plus est, que seul l’Etat a le monopole de la violence. Conséquence, bon nombre de jeunes hommes de Ngalmoa y compris leur chef de village ont effectué un voyage sans payer, un mauvais voyage gratuit bien que sous bonne escorte militaire que ce néologisme nous soit permis ; voyage qui pourra alors les sevrer et ce pour longtemps, de cette terre qu’ils défendaient comme s’il s’agissait d’un espace volé par un pays tiers qui ne soit pas le Cameroun.

Surprenante que la ressource forestière puisse être en 2016, le mobile d’une lutte qui pourrait dégénérer en lutte intercommunautaire entre Baréhock dans Baré-Bakem et Ngalmoa dans Nkongsamba 1er , deux villages frères pourtant qui se partagent aujourd’hui au delà de bien de bonnes choses, les mêmes familles en raison des fortes liaisons de mariage qui ont eu et ont toujours court. Le Sous-préfet dans une tournée dans son territoire de commandement encore qu’il n’a pas besoin de la validation de qui que soit pour ça, a risqué la mort, risqué d’être tué par une jeunesse en furie aux agissements moyenâgeux en 2016. Pourtant, c’est la triste réalité !

Pour un problème justement dont les origines sont lointaines, la revendication d’un territoire, Eborija, qui appartient a Baréhock selon un document écrit en allemand par l’administrateur de l’époque de 1943 et les documents signés le 4 Novembre 2015 par René Emmanuel Sadi du MINATD au Préfet du Moungo dont copies sont parvenues en date du 22 Décembre 2015 signés au courrier n°132 à la sous-préfecture de Baré-Bakem. Cependant, quelques témoins interrogés sous ce scandale ne manquent pas sous anonymat, de fustiger un certain nombre de pratiques trop souvent courantes chez nos administrateurs territoriaux. Parfois l’abus d’autorité et les agissements réguliers qui viennent parfois extérioriser le diktat souvent couvert par cette tenue d’apparat bien qu’elle soit l’un des symboles d’un état démocratique. C’est vrai que pour ces témoins qui se sont prononcés hors-micros, c’est dure ! Dure d’avaler une pilule très amère que de voir leur chef de village cravaté et giflé devant ses populations. Oh non mon Dieu ! Faut pas vivre ça ! Leur chef, leur sage, leur repère, leur référentiel et leur guide de part ses connaissances profondes des valeurs ancestrales. Vu sur ce plan, il paraitrait insoutenable qu’une telle transgression ait lieu ; encore que dans certaines régions du Cameroun, l’Ouest ou le Grand-Nord en l’occurrence, un administrateur même dans ses rêves les plus fous ne saurait agir de la sorte. C'est-à-dire oser lever la main sur un gardien des traditions. Pourquoi un tel sacrilège impossible ailleurs est possible dans le Moungo de nos jours ? Telle est la question. Autant dire que de tels comportements violents de l’autorité administrative pourraient amener à une reconsidération et de la définition de l’Ecole Nationale d’Administration et de la Magistrature ENAM en Ecole Nationale d’Haltérophilie et de Musculature. Or l’administration est essentiellement écrite et l’usage de la force n’est qu’ultime et encadré d’un ensemble de préalables juridiques. Dommage que la violence prenne de temps à autre le pas d’Ekangbeng ! En tout état de cause, doit-on fustiger le comportement anachronique d’une autorité traditionnelle ou alors un zèle surdimensionné de l’autorité administrative qui aurait un peu trop tiré sur la corde?

Elong Ngotty Zavier Raoul/CP - Contact Rédaction : +237 663956404

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  • Sylvain Timamo est journaliste camerounais et depuis quelques années,il est éditeur du journal Scores 2000. Propriétaire du Magazine International Culturel et Touristique "Le Chasseur".
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