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22 juillet 2017 6 22 /07 /juillet /2017 13:38

Chers sœurs et frères,

Tout en remerciant très respectueusement le grand-frère Dr OTTI pour avoir insisté quant à ma présence à la rencontre de ce jour 27 avril 2017, invitation que je ne peux honorer physiquement pour des raisons indépendantes de ma très bonne volonté (état de santé en occurrence),  

qu’il me soit permis d’exprimer vivement mes remerciements à tous ceux qui ont pris l’initiative de nous convier, nous les sœurs et frères littéralement exclus et/ou reniés dans leurs propres racines, qui observions avec regrets et inquiétudes la discrimination qui a, hélas pendant longtemps, sévie au sein de ce regroupement des enfants du Canton BANEKA. Nous avons espéré depuis longtemps d’être associés à cette grande œuvre de construction de notre identité, mais n’en avons jamais eu l’occasion. Là nous en avons une, qui nous permettra de vous écouter et peut-être de dire un mot pour ceux qui seront présents.

Bien que n’ayant pas l’ordre du jour de la rencontre, et sous toutes réserves, nous allons brièvement brosser notre perception de la situation d’échec constant dans lequel, volontairement et par égoïsme personnel, certains de nos frères et sœurs ont dérouté toute une Communauté des ses vrais combats.

Nous avons pourtant un outil juridique souvent oublié, à savoir la reconnaissance de notre Peuple dans la Loi Fondamentale de notre pays le Cameroun comme étant un « Peuples Autochtones Minoritaires » d’une part, et d’autre part, nous avons tendance à négliger également que la matière existe (une chefferie traditionnelle bien qu’à reformer, une multitude de regroupements et associations visant plus ou moins des objectifs sociaux et sociopolitiques, des idées et projets, un espace géographique bien défini, une langue commune et reconnue, une culture et des traditions fortes qu’il nous appartient de perpétuer, nos enfants de l’intérieur et de la diaspora qui ne demandent qu’à être réunis autour des thèmes fédérateurs pour s’identifier à des symboles forts).

Loin des slogans dits démocratiques donnant le pouvoir aux plus nombreux, fort est de constater que dans le Moungo, ce qui devrait être secondairement l’objet de toutes nos attentions, il est regrettable de constater que l’hospitalité de nos ancêtres vis-à-vis de leurs frères et sœurs venus d’ailleurs, a au fil des générations, été transformée en une faiblesse, laissant penser à ces derniers qu’ils avaient conquis des espaces, lequel conséquemment devenait leurs propriétés de faits. Que non ! ils se doivent de se faire rappeler aujourd’hui que nos filles et fils se réveillent de leur long sommeil, qu’ils vivent en bonne entente avec un Peuple qui est resté accueillant depuis ses ancêtres NGOH et SONGHO, que cette cohabitation durera tant que l’esprit de nos ancêtres de vivre en paix sera respecté de tous, que l’heure est venu pour eux-aussi de nous aider à développer cet espace vital qui a été pillé et continue de l’être en toute quiétude.

Chers sœurs et frères,

Combien d’initiatives louables de part les objectifs affichés, visant à rendre notre peuple « Vivant » ont été mises en route et n’ont pas perdurées à cause des querelles de leaderships et toutes autres formes de gangrènes contraires à l’Union des Forces ? Combien de regroupements des enfants du Moungo se sont crées pour servir de promotions et d’ascensions illusoires de leurs leaders ? Combien de nos enfants se sont entredéchirés, se sont autodétruits sous le regard médusé des « autres » avec la bénédiction de certains traîtres connus dans notre milieu ?

Que sont devenus le « KOUPE » et plus récemment « EBOMBA » ?

Pour mémoire, le développement de notre espace géographique, la création des richesses, la construction de notre identité culturelle spécifique ne se feront pas par le nombre, puisqu’on est en démocratie (nous sommes 15% environs en terme de populations autochtones dans notre espace géographique), ni par le pouvoir économique (nous sommes un peuple pauvre et devenu paresseux et pères en fils au fil des générations). Par contre, nous pouvons l’envisager autrement par le retour au travail de la terre, ce que prône sans relâche et depuis plusieurs années notre Chef de l’Etat S.E. Paul BIYA, une bonne approche méthodique de partage de pouvoir politique et de gestion de nos municipalités, un appui aux Initiatives Jeunes entre autres.

A ce propos, je voudrais interpeller Nos Ministres, Directeurs de Sociétés d’Etat,  Sénateurs et Députés sur les points concrets et sensibles ci-après :

Loin de vos victoires personnelles obtenues très souvent sur le dos du peuple passif, donnez-vous la peine de payer le prix des honneurs et des louanges que ce petit peuple entretien entre deux élections et aider les jeunes à rêver d’un avenir meilleur dans leur pays, loin des images tristes du phénomène mondiale lié à l’immigration clandestine. Nous avons de la terre fertile à une dizaine de kilomètres de la ville de Nkongsamba. Projetez de financer quatre (04) projets agricoles sur  cinq hectares chacun, ce qui permettra d’employer en les formant vingt (20) jeunes cadres agricoles qui démarreront sur des terres dont ils ne sont pas encore propriétaires mais dont le processus est prévu pour les mener à la propriété.

Acceptez de soutenir un projet culturel de deux (02) groupes de jeunes déjà identifiés dans notre communauté pour une veille permanente de ce pool.

Lancer une large concertation avec les Dignitaires et la Chefferie Traditionnelle pour la relance de «EBOMBA», puisque le «KOUPE» portait déjà à sa création les germes de son autodestruction, sauf erreur de ma part.

Aidez à faire réhabiliter les sites historiques et touristiques qui constituent l’histoire méconnue du Peuple.

Pour nos différents groupes associatifs, respectons l’ordre hiérarchique établi ; vous n’imaginez pas notre déception de vous voir discuter de qui parlera à la «Tribune théâtrale» au nom des Banékas, combien nous sommes attristés de savoir que c’est aux autres de vous dire qui serait la personne la plus représentative pour être au devant des projecteurs. Peut-être êtes-vous personnellement fiers lorsque vous discutez la vedette à qui le mérite ? Avez-vous souvent oublié, et j’en suis persuadé que c’est le cas, que lorsqu’on est réuni à Nkongsamba nous agissons aussi au nom du Moungo et du Moungo Moungo ?

En réalité, pouvez-vous aujourd’hui, à quinze (15) mois environs des échéances électorales de 2018 nous dire qui sont nos leaders, afin que ces derniers puisses être initiés progressivement aux règles du milieu et adopter l’attitude conséquente vis-à-vis de leurs secteurs respectifs ?

Pourtant, et vous le savez bien, les autres s’organisent ainsi depuis des décennies, nous manipulent et nous détruisent à l’approche des échéances, nous désorganisent et humilient notre Chefferie traditionnelle qu’ils ont d’ailleurs déjà le pouvoir de manipuler sans nous pour des sujets spécifiques ; quelles dispositions envisageons nous pour mettre fin à ces humiliations ?

Vous avez été témoins actifs ou passifs de l’autodestruction des leaders politiques de notre ville lors des Municipales de 2013, où l’ensemble de nos leaders ont été déstabilisés et je tire ici le chapeau aux uns et aux autres pour leurs déterminations à ces combats que j’ai personnellement soutenu à tous les niveaux. Qu’envisageons-nous faire, puisque la haine et le rejet de l’autre se sont installés entre les sœurs et les frères autochtones, entre les Camarades du même parti politique, le Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC) dans lequel nous continuerons de militer, malgré les manœuvres tendant à laisser croire que ces derniers manœuvreraient pour un autre parti politique que je ne citerai pas ici.

Oui, il faut accepter que ce parti que je refuse de nommé est en pleine évolution sur notre terrain politique depuis quelques temps, profitant d’ailleurs bien de ces querelles internes qui ont gravement ternies l’image de notre parti le RDPC dans le Moungo ; Ceci est de bonne guerre, car cela pourrait constituer pour les dédouaner auprès des hautes instances une échappatoire à ceux-là pour qui le petit peuple en a marre. 

Oui, mes sœurs et frères, le vrai combat aujourd’hui est celui de la reconstruction de notre identité culturelle et de la gestion politico-administrative de notre cité. Il est de notre devoir de dénoncer les instruments d’asservissement et d’apprivoisement de notre Communauté. Combien de villages composent la ville de Nkongsamba ? Vous trouverez vite la réponse ; mais combien de chefs de villages sont entourés de Chefs de quartiers issus de leur notabilité ? La réponse ici est un doigt dans la plaie, et vous devez en être conscients.

Il n’est jamais trop tard pour recommencer à construire, l’histoire est en marche et nous en sommes des acteurs privilégiés. Des solutions existent mais il appartient également à la vieille garde de lâcher du lest, d’accepter humblement que les temps et les méthodes d’approches ont bien changés et qu’ils auront du mal à s’y faire dans le contexte actuel d’un monde en pleine mutation. Nous avons besoin d’eux pour nous encadrer et pas pour nous démolir. Le cadre est mal choisi pour développer certaines idées pointues et les méthodes d’approches pour leur bonne fin, mais il vous revient, vous, nous leaders, de lancer d’autres concertations thématiques je suggère, pour arriver à avoir des stratégies collectives, claires et connues de tous.

J’ai été un peu long mais que de choses restent à développer pour jalonner à notre façon le chemin de l’émergence de notre Peuple.

Je ne finirais pas mon propos sans vous dire :

Mon admiration pour ces Hommes politiques que nos ancêtres ont accueilli et qui ont su émerger au point de devenir incontournables dans le paysage politique de notre cité, ces industriels (café, cacao, huile de palme, etc…). Ces promoteurs de PME (santé, hôtellerie, BTP etc…) dont le déroulé de la longue liste ne comptera aucun des nôtres.

Mes encouragements pour ces groupes de Jeunes qui s’investissent dans la promotion du Sport (Ascension du Mont Manengouba, Mini-marathon) de  l’économie (SIEN ou Salon International de l'Entrepreneuriat de Nkongsamba, les forums sur l’entrepreneuriat local, les foires promotionnelles) de la culture (Concours de la Miss Nkongsamba, etc…)

Egalement mon souhait de voir se réconcilier les sœurs et frères en conflits et/ou désaccords politiques, de toujours conjuguer la cohabitation pacifique au-delà de tout. Bien à vous et à très bientôt lors d’une prochaine rencontre.

Léopold NDJEME, Grand Conseiller Municipal à la Communauté Urbaine de Nkongsamba, tête de liste à l'élection municipale à Nkongsamba 3ème.

Yaoundé, le 27 avril 2017

Contact Rédaction de Scores2000 : +237 699451920 / 678894092 / 663956404

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Published by Sylvain Timamo
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  • Sylvain Timamo est journaliste camerounais et depuis quelques années,il est éditeur du journal Scores 2000. Propriétaire du Magazine International Culturel et Touristique "Le Chasseur".
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